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centraf-infos.overblog.com avec Minusca/ La Division de la Communication stratégique et de l’information publique de la MINUSCA a le plaisir de partager avec vous l’interview du Représentant Spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Centrafrique et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, sur Radio Ndeke Luka, vendredi 14 juillet 2017.

Monsieur Parfait Onanga-Anyanga, Vous avez appelé le peuple Centrafricain, beaucoup plus les groupes armés à aimer leur pays et à faire la paix, c’est quoi donc cet appel ?

C’est un cri du cœur mais je me réjouis du fait que le Chef de l’Etat a pour sa part répondu au peuple Centrafricain, en réaffirmant en tout cas son engagement ferme pour la paix comme étant la seule voix viable pour une stabilité durable pour la République centrafricaine. Je crois que le temps est grave, le moment est grave, le Chef de l’Etat l’a dit aujourd’hui je me réjouis de quelques avancées. Maintenant il faut aller plus au fond pour traduire tous ces engagements en acte concret pour que dans un premier temps les violences arrêtent.

Aujourd’hui, l’aspiration du peuple centrafricain c’est la paix mais la paix tarde à venir. Qu’est-ce qu’il faut faire pour répondre à ces préoccupations ?

Ecoutez, la paix est d’abord une expression de la volonté des hommes et des femmes qui ont une capacité de changer le court de l’histoire de leur pays. Et aujourd’hui ceux qui ont cette capacité sont identifiés, ils ont été invités à participer aux travaux de comité consultatif et de suivi. Ils ont pris l’engagement eux-mêmes d’aller à Rome pour signer un accord de paix dans lequel ils s’engagent à la cessation des hostilités sur toute étendue du territoire. Ils ont aujourd’hui l’offre de l’Union Africaine accompagné par le CEEAC et de l’ensemble de la communauté internationale, pour les aider précisément à traduire dans les faits leur volonté de paix. Le gouvernement fait sa part, il faut désormais que ceux qui aujourd’hui, ont fait ce pas vers la paix, aient le courage de faire ce sursaut, et de dire trop c’est trop. Le sang à beaucoup coulé nous voulons une nation réunifiée.

Que répondez-vous à certains Centrafricains qui parlent de laxisme de la MINUSCA face à la montée des violences à l’intérieur du pays ces derniers jours ?

Ecoutez, ce que je dis c’est la chose très simple qui est que la paix ne sera jamais, je le redis la paix ne sera jamais conquise par les armes. Mais la preuve, tous ceux qui ont fait la guerre dans ce pays depuis longtemps, ont-ils apporté une paix dans ce pays ? Donc ce que nous disons c’est que les armes que nous avons, la force que nous avons, est une force qui a été confié au gouvernement Centrafricain, est une force qui doit créer les conditions d’un dialogue et des conditions de la paix. Et toutes les fois que nous aurons en face de nous les groupes armés, qui aurons pour intention de s’en prendre à la paix et à la stabilité du pays, mais surtout à affecter les populations civiles Centrafricaines, ils verront en face d’eux une MINUSCA déterminée. Nous ne pouvons pas à aucun moment, douter de la détermination de la MINUSCA, nous avons perdu des hommes, nous avons versé le sang dans ce pays. Et donc, tout ce procès qui est absolument déplacé contre la MINUSCA, ce procès-là est un mauvais procès, on appelle ça un procès d’intention.

Vous avez dit que les casques bleus sont des forces d’interposition, ils ne sont pas là pour faire la guerre, alors que la population est considérée comme une proie des rebelles. Dans quelle situation peut-on parler d’une interposition entre la population et les rebelles ?

Mais, monsieur aujourd’hui la réalité c’est laquelle ? Il n’y a plus d’un côté les faibles, les populations impuissantes, et de l’autre, les bourreaux. La vérité c’est qu’aujourd’hui, nous assistons à un phénomène ou des populations elles-mêmes sont devenues des bourreaux. Allez-y voir à Bangassou, allez-y comprendre et voir à Zemio, vous verrez que ce sont des populations qui elles-mêmes s’attaquent à des confrères et des consœurs centrafricains. Çà aussi, c’est un problème. Maintenant, nous avons ces groupes armés et vous le savez tous comme moi, le vrai enjeu pour nous tous cette espèce de compétition pour le contrôle des ressources minières de ce pays, c’est cela le vrai enjeu du pays. Il faudrait qu’on s’accorde tous à dire aux uns et aux autres que la paix ne reviendra pas sans-eux. Ceux qui ont des armes aujourd’hui et qui en profitent pour assouvir leurs propres intérêts, n’auront jamais la paix tant qu’ils n’accepteront pas de tendre la main honnêtement devant une bonne fois aux autres.


Effectivement, ces groupes ne veulent pas tendre la main pour faire la paix, qu’est-ce qu’il faut faire?

Pour l’instant, écoutez, tout le monde veut la paix. Nous avons l’accord de Rome qui a été signé par tous les groupes armés dans ce pays. Comme l’a dit le président de la République : la paix ne sera jamais un long fleuve tranquille, ça ne s’est jamais passé comme ça dans aucun pays du monde. Donc ce qu’il faut faire, se doter de mécanismes qui permettront de vérifier la crédibilité des engagements pris par les uns et les autres.


Aussitôt la signature des engagements des cessez-le-feu de Sant’ Egidio à Rome, l’on a assisté à un record de violences dans l’arrière-pays ? Quel commentaire faite vous ?

Vous savez comme moi que ce qui s’est passé à Bria répondait à une dynamique locale. Il y a des dynamiques locales qui échappent à toute logique. Et dans cette guerre de provocation, d’attaque et de revanche dans laquelle malheureusement une partie du pays est enfermée, nous comprenons bien que ce n’est pas de cette façon-là qu’on arrivera à la paix. Donc, d’abord la première chose c’est que je condamne ces actes et je déplore fortement qu’aujourd’hui, il y a encore des groupes qui n’aient pas compris qu’il n’y avait pas d’issue, il faut en sortir et nous allons – comme MINUSCA – utiliser tous les moyens à notre disposition pour créer les conditions, ne vous en faites pas.


A quand la paix dans ce pays ?

La Paix est en marche, je dis ceci : La Paix est en marche. La vérité est que la MINUSCA à elle seule ne pourra pas régler le problème de la paix dans le pays. Il faut que les uns et les autres arrêtent de mettre le feu.

Vous les connaissez ? Pourquoi ne pas les citer nommément ?

Vous les connaissez mieux que moi.

Je ne les connais pas encore…

Il y a encore beaucoup trop de pyromane dans ce pays. Et donc, le problème de fond c’est qu’une fois que la MINUSCA, nous allons travailler la main dans la main avec les forces régaliennes centrafricaines. Aujourd’hui, les FACA sont en formation, demain ils seront en capacité de se joindre à la MINUSCA, pour renforcer le camp du droit, pour renforcer le camp de la légitimité et moi je dis simplement que le camp de ceux qui ont choisi la mort et la violence, ce camp-là, ils ont leur jour compté.

Et justement la population se demande à quand leur fin ?

Vous verrez, il faut donner du temps au temps, et nous y arriverons.


Source : Minusca

 

Tag(s) : #Politique