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Centraf-info.overblog.com/ Alors qu’en silence les populations centrafricaines continuent de compter et de pleurer leurs morts, les réactions se multiplient pour condamner les agissements barbares des groupes armés. Du FPRC en passant par l’UPC, 3R où encore les antibalaka et même la Minusca, chacun campe sur sa position et accuse l’autre d’être à l’origine d’une de ses nombreuses situations sur différents théâtres d’opérations.

Et les cibles privilégiées sont les populations de Niem dans la Nana-Mambéré, Alindao dans la Basse-Kotto ou encore Bangassou dans le Mbomou. Bangasou – parlons en puisque cette préfecture jadis « havre de paix et symbole de cohésion sociale » est en passe (si ce ne l’est déjà), de devenir le nouveau théâtre tout trouvé pour l’expérimentation de la bêtise humaine des éléments des groupes armés.

Réactions

Dans le lot des réactions, celles du PATRIE (Parti Africain pour une Transformation Radicale et l’Intégration des Etats), de Me Crépin Mboli-Goumba : « J'ai une pensée émue pour nos parents qui se font massacrer un peu partout sur le sol sacré de notre pays. Niem, Alindao, Bakala, Bambari, Kaga Bandoro, Rafai, Zémio, Bangassou plus récemment », peut-on lire sur la page Facebook du Président du PATRIE, Crépin Mboli-Goumba. Une réaction qui s’inscrit dans la continuité étant donné qu’en 2013, en tant que Ministre résident du Mbomou, Crépin Mboli-Goumba avait déja pris sur lui, la responsabilité – « au péril » de sa « vie protéger cette population de Bangassou ». On se rappelle encore ce cliché d’un certain Abdallah qui régnait en maître à Bangassou à l’époque de la Seleka, « menottes aux poignets », et sous la satisfaction des populations de Bangassou, être ramené à Bangui.

L’URCA (Union pour le Renouveau Centrafricain), de Anicet Georges Dologuélé, tout en condamnant cette « embuscade meurtrière », dont ont été victimes les casques bleus, dénonce avec « force », la « démission du gouvernement devant ses responsabilités notamment par son silence complice et son indifférence devant une situation qui s’aggrave jour après jour ».

Shuuuut, ne le dites à personne ! Silence, on TUE impunément…

Mis à l’index et sous la formule consacrée pour ne pas dire légalisée, le gouvernement prétend réagir. « Le gouvernement que dirige Son Excellence Simplice Mathieu Sarandji, Premier Ministre, sous la Très haute Impulsion et le leadership de son Excellence Professeur Archange Touadera, Président de la République, Chef de l’Etat, condamne avec fermeté cette énième attaque contre les soldats de la paix dont la mission vise à assurer la protection des populations civiles sur toute l’étendue du territoire ». Sacré Théodore Jousso, pourrait-on dire n’est-ce pas ?

Un communiqué signé en date du 10 mai qui donne un bilan erroné « d’un casque bleu cambodgien tué, 8 soldats de la Minusca blessés et quatre autres retenus en otage », alors que l’on sait depuis le soir du 9 mai que « 3 des 4 casques bleus » kidnappés avaient déjà été tués. De quelle communication gouvernementale parle-t-on là ? De quelle impulsion et de quel leadership voudrait-on nous vendre là ? Excuser de peu, informez-vous d’abord Messieurs du gouvernement !

Et dans ce cocktail de communication présidentielle « made in Jousso », sous la férule de Simplice Mathieu Sarandji, aucune condamnation de la barbarie perpétrée contre les populations civiles de Niem, Alindao, Bangassou et autres que la Minusca est « censée protégée », si l’on en croit le porte-parole du gouvernement Sarandji. Là encore, très volontiers et comme d’habitude, on nous fera comprendre qu’ils sont en train de chercher des « poux sur le cuir chevelu », de son Excellence X ou Y… Sans commentaires…

Justice pour les victimes

Qu’à cela ne tienne. A l’instar de Me Crépin Mboli-Goumba qui souhaite que « …justice soit rendue », ce sont toutes les victimes – ou encore mieux – leurs parents ainsi que le peuple centrafricain lambda qui réclame à cor et à cris, cette justice.

Plutôt que ce verser dans cette valse de haine contre telle ou telle personnalité – ce qui dessert encore plus la République, devra-t-on se demander qu’est-ce qu’il nous faut aujourd’hui pour circonscrire au plus vite cette crise sécuritaire qui n’a que trop duré. Elle l’est d’autant plus que les victimes innocentes de notre « médiocrité », continuent de se compter par milliers sous l’œil complice d’un gouvernement adoubé par cette force, forte de ses 12.000 hommes tout à fait incapables de faire face à la situation.

Pendant ce temps, les populations que le gouvernement et la Minusca sont censées défendre dorment  « ciel ouvert », à Alindao alors que d’autres préfèrent affronter les reptiles et autres animaux sauvages dans la brousse.

Et dans la Capitale de notre République, les affiches à la gloire d’un Président « démocratiquement élu », inondent les panneaux publicitaires… Que dire de plus ???

Chantal Gouyonféï

Tag(s) : #Politique