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centraf-infos.overblog.com avec kangbi-ndara.info : Aider la jeunesse centrafricaine désœuvrée à croire en son avenir, c’est à notre humble avis, l’un des objectifs recherchés par la Fondation Mboli-Goumba pour l’Education qui vient de mettre à la disposition des jeunes centrafricains de 5 préfectures, des bourses d’excellence. Une initiative si louable d’autant plus qu’elle donne l’opportunité aux heureux lauréats de cette bourse de poursuivre leurs études quand on sait que dans ce pays, beaucoup de cerveaux disparaissent des écrans après l’obtention de leur Baccalauréat, faute de moyen – l’Etat n’existant plus que de nom. Peut-être que cela pourrait susciter des réactions positives allant dans ce sens. Les milliards dont vous prétendez en disposer dans les banques à l’étranger, prière les mettre au service de la jeunesse centrafricaine désœuvrée. La nation vous en sera reconnaissante. Interview !

Il ya de cela quelques mois, vous annonciez la mise à disposition parla Fondation Joséphine Mboli-Goumba pour l’Education  d’une dizaine de centrafricains des bourses d’études. Dites-nous si cette promesse est aujourd’hui une réalité.

Je suis heureux d’annoncer au peuple centrafricain que conformément à la déclaration que nous avions faite lors de la mise sur les fonds baptismaux de la Fondation Joséphine Mboli-Goumba pour l’Education que cette déclaration a pris corps. Aujourd’hui, les 10 boursiers sont non seulement connus mais ils sont à Bangui. Il était question d’attribuer des bourses d’excellence à des élèves méritants de 5 préfectures de notre pays à savoir le Mbomou, le Haut-Mbomou, la Vakaga, l’Ouham-Pendé et Nana-Mambéré. Il y en a 2 aujourd’hui qui ont déjà commencé dans un institut notamment en Banque-Finance. S’agissant de ceux qui ont choisi d’aller à l’Université de Bangui, la rentrée universitaire n’est pas encore effective, elle ne le sera qu’au mois d’avril. Cela a été une expérience assez intéressante pour voir exactement ce qui se passe dans l’arrière-pays. Et je dois vous dire que parfois la réalité dépasse la fiction. Nos frères, nos sœurs, nos fils et filles sont complètement abandonné. C’est une petite contribution qu’il faut apprécier pour ce qu’elle est, c’est-à-dire, une invit’ à tous les centrafricains qui, dans les sphères qui sont les leurs peuvent apporter un peu de leur contribution à l’amélioration des conditions de vie et d’études de nos compatriotes.

Quelles sont donc les conditions de vie et d’étude pour les 2 lauréats qui ont déjà commencé leurs études ?

Vous savez que le président de cette Fondation Jacques Siolo qui a fait toute sa carrière dans l’éducation a  des contacts auprès des institutions de l’éducation. Les 2 étudiants ont leurs bourses. A titre de rappel, ces bourses là sont d’un montant de 40.000 Fcfa par mois sur 12 mois alors qu’à l’Université, la bourse est de 30.000 francs sur 9 mois. Ils ont bénéficié évidemment des petits frais d’installation. Tout se passe bien pour l’instant et c’est une bourse d’excellence et donc il y a aussi une charte du boursier. En un mot, ce sont des engagements de parage de valeur, de mérite, d’abnégation et évidemment de non reprise de classes sinon ce ne sera pas une bourse d’excellence.

Et qu’en est-il des 8 autres qui n’ont pas encore commencé ?

Il y a des démarches à faire. Il faut accompagner certains qui ne sont jamais venus ici à Bangui notamment en ce qui concerne la délivrance des attestations de succès auprès de la direction des examens et concours. Ce à quoi nous nous attelons. Il faut les accompagner, il faut partager un certain nombre d’expériences. Il y a dans le Conseil d’Administration de la Fondation Joséphine Mboli-Goumba pour l’Education, des hommes de valeur qui ont diverses expériences  notamment de l’éducation. Le Secrétaire général Docteur Komas enseigne à l’Université de Bangui à la faculté de médecine, Danielle Darlan, Professeur d’Université parce qu’il y a parmi les lauréats, certains qui veulent s’inscrire à la faculté de droit… C’est un Conseil d’Administration assez variée susceptible d’aider ces jeunes qui sont d’excellents cerveaux. Je rappelle qu’ils ont les meilleures notes dans les différentes régions de notre pays et on ne les a pas choisis par hasard, ils sont méritants mais que malgré leur intelligence, parfois, ils se retrouvent dans les conditions où ils ne peuvent pas mettre leurs cerveaux à la disposition du pays. C’est là où nous intervenons pour apporter notre petite contribution.

Quelle est la suite à donner pour les prochaines années ?

Il faut qu’on arrive déjà à insérer ceux qui sont là. L’objectif est très clair, c’est de faire toujours mieux. Il y a eu 10 bourses cette année, mais l’objectif, c’est de faire un peu plus l’année prochaine mais je ne saurais vous dire plus. Il appartient au Conseil d’Administration de décider puisque je ne suis que membre d’honneur de cette Fondation pour avoir été l’initiateur du projet. Notre rêve, c’est qu’un jour dans ce pays, qu’on dise que cette année, il y a 1000 bourses pour nos sœurs, nos frères, nos filles et fils.

Quelle appréciation faites-vous du système éducatif centrafricain ?

Il faudrait peut-être une heure voire plus pour faire un commentaire à ce sujet. Ce que je voudrais dire avec insistance, c’est que les grands pays ne se reconnaissent pas encore une fois dans ce qu’ils font dans la construction des routes ou d’immeubles. C’est la part allouée chaque année à l’éducation nationale. Parce que les immeubles, les routes sont les fruits du cerveau et donc de l’éducation. L’accès au savoir et au développement, c’est d’abord une question de savoir. Notre système éducatif à la base pose problème. Et au-delà de ça, il y a la part qui revient à la famille. Au plan constitutionnel, la famille est le noyau de la société, tout part de là. On peut avoir quelqu’un d’intelligent mais s’il n’a pas les infrastructures pour étudier, cela ne vaut pas la peine. De la même manière, si on a tous les diplômes du monde mais si on n’a pas les valeurs que les parents inculquent aux enfants, on a raté sa vie. L’un dans l’autre, je crois que pour la part qui incombe à l’Etat, il faut distraire sans porter atteinte au bon fonctionnement de certains services de l’Etat. Distraire une partie des ressources ailleurs pour financer l’éducation. La grande question que j’aimerais qu’on se pose tous en tant que centrafricain, c’est de  savoir combien d’écoles nous avons construites depuis l’indépendance par nous-mêmes. Je ne parle pas des parts qui incombent à la communauté internationale comme on a l’habitude de dire ici. C’est-à-dire de manière hardie, dans le budget national, combien d’écoles avions-nous construite depuis l’indépendance. Quand on aura répondu à cette question, cela portera l’ambition que nous avions pour la génération à venir parce qu’après tout, le vrai problème centrafricain, c’est le complexe d’infériorité que nous avions. Même dans la sous-région, nous peinons à exister parce que, au fonds de nous-mêmes, nous avons conscience qu’il ya des lacunes et que finalement, on pousse les gens, on les promeut non pas parce qu’ils sont méritants mais par des raccourcis, mais il y a tout cela à mettre ensemble. S’il me faut commenter le système éducatif centrafricain, c’est qu’il porte les tares de toute la société centrafricaine qui est en panne. Que ça soit chez les avocats, chez les médecins, partout. Donc, le savoir doit être au cœur de tout. Le savoir va avec l’instruction, avec les infrastructures, avec l’éducation à la maison. Le grand héritage qu’un parent puisse légué à un enfant, c’est le savoir parce que quand vous lui léguer une maison, s’il n’a pas le savoir,  quant il va finir de vendre cette maison, il n’a plus rien. Le savoir, c’est dans la tête, ça poursuit l’homme jusqu’à la fin de son passage planétaire.

Justement sur cette question d’éducation, le Chef de l’Etat a décidé d’augmenter de 20% le budget alloué au secteur de l’éducation. Ne voyez-vous pas que c’est un début de solution à cette problématique ?

Chaque fois que le budget de l’éducation est augmenté dans un pays, c’est une bonne nouvelle pour ce pays. Vous savez, il n’y a pas si longtemps que ça, nos frères tchadiens venaient étudier dan notre université. On avait plus de professeurs en médecine que nos frères tchadiens. Depuis, il y a eu 4 universités construites au Tchad, on a multiplié le nombre de professeurs par 4. Et nous, on a reculé parce qu’il y a eu des professeurs de médecine qui sont décédés ainsi de suite. C’est une bonne chose d’augmenter le budget de l’éducation mais il ne faut pas simplement augmenter le budget de l’éducation et se dire qu’on l’a augmenté. Il faut que ça serve une vision. Parce que si on augmente le budget de l’éducation et que cela va dans le fonctionnement, cela veut dire que ça reste un vide. Il faut que ça se traduise en plan décennal, quinquennal etc., en disant que dans telle préfecture, cette année, nous allons construire tel nombre d’école, l’année prochaine, on va construire tel autre. Que cela serve un plan hardi, que cela soit connu, su par tout le monde. Voila ce que j’appelle de tous mes vœux.

Propos recueillis par Fleury Roger KOURSANY
et Arsène Jonathan MOSSEAVO

 

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