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Législatives : faible engouement pour le second tour des scrutins

kangbi-ndara.info/ Les centrafricains ont voté aujourd’hui pour le 2nd tour des législatives afin d’élire les 2/3 de députés pour la nouvelle Assemblée nationale. Sur 140 sièges disponibles, 45 sont pourvus au premier tour tenu le 14 février dernier. Mais dans l’ensemble, le vote a connu un faible engouement dans l’ensemble des circonscriptions électorales, tant à Bangui la capitale que dans les villes de provinces.

« Les gens viennent à compte-gouttes, ils disent qu’ils sont fatigués des multiples reports de vote. D’autres refusent de voter parce que leur candidat est écarté de la course au 1er tour. D’autres encore déplorent l’absence totale de sensibilisation et de campagne électorale », a expliqué Madeleine Yapia, superviseure de vote dans la 1ère circonscription du 2e arrondissement de la capitale Bangui.

Des raisons trouvées non suffisantes par Dan Le Villon Guere-Lingba Gogo qui, lui, pense que le vote reste un devoir civique dont l’avenir de la Nation en dépend. Il a donc voté. « C’est un devoir civique. Nous avons voté pour la présidentielle et nous avons aujourd’hui un dirigeant après trois ans de transition. Il nous faut aussi des dirigeants crédibles à l’assemblée nationale ».

Du côté des candidats accusés de n’avoir pas battu campagne, ils rejettent la balle dans le camp des électeurs. « Les candidats ont battu campagne, mais les gens ont désisté de venir par rapport à leurs candidats qui sont écartés de la course. Mais le droit civique appartient à chacun », se défend Serge Mombaye Semounou, représentant d’un candidat dans un centre de vote de la capitale.

Interrogés sur ce faible engouement au vote de ce jeudi 31 mars, les responsables de l’Autorité Nationale des Elections (ANE) assurent avoir joué pleinement leur rôle. Bernard Kpongaba, Vice-président de l’ANE regrette que les centrafricains n’aient pas saisi cette occasion. « La mission de l’ANE est de préparer, d’organiser les élections et d’en donner les résultats. Nous avons réalisés des spots publicitaires et des émissions publiques pour sensibiliser. Nous n’avons pas les résultats escomptés. C’est bizarre parce que dans certains pays, les gens courent après la démocratie, les gens cherchent des possibilités des voix de leurs représentants que ce soit des députés ou des présidents de la république. Mais nous, nous ne saisissons pas cette occasion ».

Le premier tour des législatives du 30 décembre avait notamment été annulé par la Cour constitutionnelle en raison de nombreuses irrégularités, puis organisé à nouveau le 14 février, en même temps que le second tour de la présidentielle. L’ANE dispose donc de 6 jours pour donner les résultats provisoires.

Si le vote s’est déroulé dans le calme dans le reste du territoire centrafricain, il n’en était pas le cas à Bambari dans le centre où des hommes armés ont perturbé le bon déroulement du second tour des législatives. « Des peulhs armés qui ont vu que leur candidat, un musulman de la ville, n’obtenait pas assez de voix dans un bureau de vote, sont partis ouvrir le feu sur les électeurs pour les empêcher de continuer de voter en faveur du candidat challenger qui, lui, est un non-musulman », rapporte sous le couvert de l’anonymat Faustin, un habitant de la ville.

Bambari est l’une des villes centrafricaines où la présence des groupes armés est encore très active et constitue un handicap pour la libre circulation des civiles. Antibalaka et ex-seleka y multiplient des attaques mortelles.

Ainsi, mercredi, jour de l’investiture du nouveau président de la République, une personne a été tuée et plus d’une dizaine d’autres blessées lors d’une attaque à la grenade contre un restaurant dans la ville. Parmi les blessés figurent quatre humanitaires. Les agresseurs étaient deux jeunes identifiés par les habitants comme des musulmans à bord d’une moto.

Dans un communiqué, la Minusca condamne cette attaque qu'elle qualifie « d'ignoble ». La mission de l’ONU signale qu'elle travaille avec les forces de sécurité centrafricaines pour mener des enquêtes afin de retrouver les auteurs de cette attaque et qu’ils soient rapidement traduits en justice.

La mission de maintien de la paix en République Centrafricaine met en garde contre tout recours à la violence à Bambari ou ailleurs, ayant pour objectif de perturber cette nouvelle étape que les Centrafricains ont chèrement acquis avec l’élection des nouvelles autorités et l'investiture le mercredi 30 mars, du nouveau Président de la République, Faustin Archange Touadera.

Tag(s) : #Politique

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