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Présidentielle : « … en fin de compte, c’est le peuple centrafricain qui a gagné » », déclare Eddy Symphorien Kparekouti

Eddy-Symphorien Kparekouti, vous êtes Président du Parti de l’Unité et de la Reconstruction, un des partis politiques soutien de Faustin Archange TOUADERA au second tour de la présidentielle. Quelle est votre état d’esprit après la victoire de votre allié ?

Je salue l’initiative de cette entrevue que vous avez prise, pour nous permettre, une fois de plus de nous adresser à nos compatriotes. Le Parti de l’Unité et de la Reconstruction (PUR) a fait le choix politique de soutenir un des deux candidats retenus pour le second tour de la présidentielle comme beaucoup d’autres formations politiques et entités nationales. Le professeur Faustin Archange Touadera, selon les résultats provisoires de l’Autorité Nationale des Elections, a gagné cette échéance avec 62,71%. Je pense que le peuple centrafricain s’est exprimé. Il s’agit pour moi d’une démonstration populaire avec à la base la volonté de mettre un terme à la longue crise qu’a connue le pays. Ce qu’il faut déjà dire, c’est qu’en fin de compte, c’est le peuple centrafricain qui a gagné. Ce n’est pas la victoire d’un camp sur un autre. C’est la victoire de tout le monde, la victoire de la démocratie, déterminante pour le retour de la RCA dans le concert des Nations respectables et respectées.

Le candidat malheureux du second tour, Anicet Georges Dologuelé a renoncé au droit de contester ces résultats devant la cour constitutionnelle de transition. Comment vous interprétez cette position ?

Il ne s’agit pas pour moi, après cette élection démocratique, de commencer à interpréter les faits et gestes des uns et des autres. Le président Faustin Archange Touadera a lui-même qualifié ce geste de patriotique. Aujourd’hui, il est évident que le rassemblement est une exigence nationale à laquelle personne ne peut déroger.

Quelles sont les raisons objectives qui ont motivé votre choix politique en faveur du candidat Touadera, pour un parti qui s’était retiré de la course ?

La lecture que le PUR avait faite à l’époque qui s’est vérifiée par la suite et partagée par la quasi-totalité des acteurs politiques et indépendants, ne pouvait lui permettre de se soumettre à un exercice auquel il ne croit pas. Au PUR, nous avons toujours refusé de faire le faux-semblant pour plaire. Nous n’avons pas de fausses convictions politiques et nous ne faisons jamais les choses par tâtonnement. A l’époque des explications avaient été données sur notre non-participation aux élections. Nous avions aussi précisé que les manquements pouvaient être corrigés et le PUR restait disponible à apporter ce qu’il a, pour faire réussir le processus duquel dépend l’intérêt général. C’est ce que nous avons pu faire pendant tout le processus qui est en train d’aboutir. Le choix politique que le PUR a fait, est essentiellement une émanation des organes de base et du bureau politique. Il est fondé sur des critères objectifs de rassemblement, de probité et de compétence. Nous avions accordé notre caution au candidat Touadera parce qu’au moment précis de la compétition, on estimait qu’il répondait aux critères et qu’il pouvait mieux aider à la reconstruction de ce pays.

Quelle a été votre part de contribution dans la victoire de votre allié Faustin Archange Touadera ?

Nous avons pu engager la communauté internationale, les autorités de la transition, la Minusca, les autorités locales et tous les acteurs impliqués dans le processus électoral à garantir aux Centrafricains le droit de prendre équitablement part aux scrutins et à faire de sorte que la volonté populaire exprimée dans les urnes soit celle qui sera sincèrement publiée. Cela a permis d’une manière ou d’une autre de laisser les gens en veille. Le PUR a appelé les électeurs de tout bord dans sa déclaration, que le vote ne doit pas être basé sur l’achat des consciences. Nous avons demandé à nos militants et sympathisants de voter pour le candidat Touadera au second tour et nous avons mené la campagne de proximité pour faire adhérer les uns et les autres à la politique du candidat que nous avions décidé de soutenir. Le PUR s’est investi à travers ses organes de base pour travailler afin que Touadera puisse être élu.

Quelles doivent être selon vous, les priorités du nouveau Président de la République ?

Faustin Archange Touadera a été élu par une écrasante majorité de la population centrafricaine. Ce qui signifie qu’il a la confiance de ses compatriotes. Mais, je pense que ce peuple sera plus exigent que l’on ne saurait imaginer, c’est pourquoi les nouvelles autorités devront faire vite et bien en ciblant les priorités des priorités car, reconnaissons que tout est aujourd’hui prioritaire en Centrafrique. Alors le plus urgent, c’est de consolider les acquis de la sécurité et surtout les approfondir en mettant en œuvre un système compact de redéploiement rassurant de l’Autorité de l’Etat. La petite expérience de la fin de la transition a montré que nos forces de défense et de sécurité même les mains nues, font des exploits, alors cela mérite d’être consolidé. Nous avons désormais un pouvoir légitime qui doit poser des actes au nom du peuple. En redéployant les services de l’Etat, la principale source de revenus de l’Etat qui se trouve être les recettes fiscalo-douanières seront reprises, ce qui pourra permettre aux nouvelles autorités de faire face de manière significative aux charges régaliennes. Il ne faut pas penser que nous devons attendre que la communauté internationale puisse d’ici là commencer à mettre de l’argent afin que la RCA puisse vivre. Si cela est appliqué, ce sera difficile au début et de telle situation réduira la confiance et nous irons vers l’explosion. Nous devons savoir qu’il n’y aura pas d’état de grâce parce que le peuple a trop souffert et qu’aujourd’hui avec ces élections, il veut sortir rapidement de la crise. Mais ces premiers actes importants doivent avoir comme fondement le rassemblement. Le nouveau Président doit rassembler dans les actes, ses paroles et sa vie pour amener les gens vers la réconciliation sereine qui prendra une bonne partie de la mandature.

Le PUR acceptera- t-il de participer à la gestion de la chose publique ?

Le PUR, depuis sa création n’a jamais cessé de participer aux affaires publiques. Nous avons une conviction fondamentale : ce n’est pas seulement en étant dans un gouvernement ou dans quelques instances du pouvoir que nous pouvons apporter notre contribution. Nous l’avons fait pendant toute la période de transition. A chaque étape, le PUR a répondu présent parfois en faisans violence sur lui-même pour arriver à dire tout haut ce que les gens pensent tout pas. Ce n’est pas parce que nous avons soutenu Touadera que nous devons être dans la sphère du pouvoir. Ce n’est pas du tic au tac. Notre démarche auprès de Touadera était et est désintéressée et nous ne comptons pas changer cela parce qu’il a gagné les élections. Aucun accord n’a été signé, aucun engagement n’a été pris. L’équipe du nouveau Président n’a pas un devoir envers nous. Toutefois, si le Président Faustin Archange Touadera pense que le PUR détient des valeurs qui puissent aider au relèvement du pays, on ne saurait refuser. Mais je tiens a souligner que le PUR ayant suivi de prêt toute la crise et ayant étudié les causes profondes, ne fait pas de sa participation a la gestion de la chose publique une obsession absolue. Nous avons un projet clair : rassurer les Centrafricains, aller vers eux pour échanger, partager leur vie, les écouter et aussi relancer notre parti. Mais au-delà, nous suivrons de prêt ce qui sera fait et nous aurons à prendre position si cela est nécessaire. Mais je pense que le PUR aura un rôle à jouer et il s’assumera comme il sait le faire.

Monsieur le Président, je vous remercie.

C’est à moi de vous remercier.

Propos recueillis par Sylvestre Sokambi

Tag(s) : #Politique

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